- L’an huit, an neuf ? Réveillons...

L’an huit, an neuf ? Réveillons...

Passés dans les premières minutes de l’an nouveau sous ce tunnel. Au bout, la nuit.

Pourtant c’est là au bout, dans ce petit hémisphère noir, que le jour s’est relevé.

« Je n’ai pas encore compris pourquoi on fête un évènement aussi administratif que le passage à un nouveau numéro... Ici, j’ai gagné 500 ans de plus environ, puisque nous sommes passés aujourd’hui en 2551 (années depuis l’illumination de Bouddha), donc cela relativise encore beaucoup plus l’évènement. » écrit ce jour mon amie Patricia depuis Bangkok.

Il y a 10 ans, le 1er janvier, j’avais noté :
Tamagoshi : ces bibelots électroniques dont il faut s’occuper comme d’un bébé, sinon il meurt. Fou. Même certains adultes en sont dingues.
Disparus les Tamagoshi ? Mot - fossile ? Non, encore en vente.

Dans le carnet suivait cette ligne :
"Et cet avion qui ne décolle pas". Voilà la première phrase.
Il s’agissait de Fati. Roman achevé 7 ans plus tard, comme une tentative de tracer l’itinéraire de l’Espérance... La première phrase en est devenu :
Elle est là, assise sur son lit, la tête de son bébé à hauteur de la sienne, comme si c’était pour elle un masque à oxygène.

Il y a 10 ans, Geneviève de Gaulle n’avait pas commencé sa Traversée de la nuit. Songeait-elle seulement au Secret de l’Espérance ?

Alors que nous sortons du tunnel, autour de nous, tirant nos valises dans la nuit froide des réverbères, aucun signe de réveillons. A peine quelques bourdonnements sourds derrière des guirlandes lumineuses pendues aux façades. Sur les allées de ciment rugueux, nos valises roulantes en réveillent peut-être plus d’un qui n’ont que faire de la fête, ou dont la fête n’a que faire...


© Jean-Michel Defromont - 1er janvier 2008